Les Garçonnes

Création 2024 – en tournée

Librement inspiré du fait réel et adapté du roman La garçonne et l’assassin de Fabrice Virgili et Danièle Voldman

Avec le soutien de La Direction régionale des affaires culturelles
de Nouvelle-Aquitaine

En partenariat avec l’Espace d’Albret, le Centre Alexis Peyret, La Maison Forte,
& La Tannerie

Co-production Cie Vous êtes Ici

L’histoire

Nous sommes dans la nuit du 21 au 22 Juillet 1928. Louise Grappe tue son mari Paul Grappe, connu pour s’être travestit en femme pendant 10 ans. 
Voici les faits : 
En 1914 la guerre éclate, Paul, depuis peu marié à Louise, part au front. Mais à peine un an plus tard, Louise le trouve devant sa porte, déserteur, risquant la peine de mort. Face à la détresse de Paul, tourmenté, violent et alcoolique, la jeune femme veut le sauver coûte que coûte. C’est alors que lui vient une idée : transformer Paul en Suzanne. 
Cette histoire aux apparats progressistes, dans un pays marqué par la guerre et les bonnes mœurs, s’affranchira-t-elle des codes de violences et de dominations ?

Intention

Lorsque nous découvrons l’histoire de Paul et Louise Grappe, une chose nous saute aux yeux : C’est Louise Grappe qui doit être au cœur de l’écriture de ce projet. Bien que le cas de Paul soit celui qui ait suscité le plus de fascination, entre rejet et glorification dans les journaux de l’époque, nous choisissons de démystifier cette figure romanesque. A bien y regarder, Louise, ne serait-elle pas effectivement la plus révolutionnaire des deux ? En effet, malgré dix ans de sa vie passés travesti en femme, Paul ne remettra jamais en question les schémas de domination dans leur foyer, et gardera sa femme sous son emprise tout au long de leur vie commune. Jusqu’à ce qu’elle le tue. Face au tribunal, Louise obtiendra l’acquittement, une sentence inédite à une époque où une femme qui tue son mari n’avait aucune chance d’être libérée. Nous n’oublions pas que joueront en sa faveur son statut de mère, portant le deuil de son enfant mort pendant le procès, ainsi que l’image du déviant inverti qu’incarne alors Paul dans les esprits. C’est pourquoi ce jugement fait partie intégrante de notre projet, révélateur d’une époque conservatrice, dirigée exclusivement par des hommes. C’est un récit qui charrie des thèmes très actuels et les combine d’une manière complexe, entre une forme d’émancipation féminine et un rejet sous-jacent de la personne queer que Paul incarne presque malgré lui. Une histoire vraie, donc, qui ne peut être décodée par une seule clé de lecture. Nous souhaitons brosser au mieux le portrait de cette époque brutale et l’histoire de ce couple unique, sans y apporter de conclusion morale. C’est pourquoi nous avons créé les personnages des narrateurs, qui nous permettent le recul nécessaire pour conter cette histoire en revendiquant un regard actuel. Ils dépasseront le cadre narratif, la simple retranscription, et s’appuieront sur la résonance contemporaine de ce récit. Comme dans toutes les pièces de la compagnie, nous avons à cœur d’aborder des sujets encore en mouvement. Malgré des évolutions notables des droits des femmes et de la perception du genre, ces sujets n’en finissent pas de brûler, et ont toute leur place dans les combats que nous menons. En mêlant passé et présent, scènes de vie et narration, onirisme et cauchemar, nous tenterons avec Les Garçonnes de faire honneur à tout ce que nous raconte cette histoire.

L’équipe

Écriture et adaptation :
Nicolas Cazade, Jeanne Coquereau & Louise Daley

Mise en scène :
Nicolas Cazade & Jeanne Coquereau

Collaboratrice à la m.e.s :
Louise Daley & Hénola Garibal

Comédien.nes :
Louise Grappe/Narratrice – Jeanne Coquereau
Paul Grappe/Narrateur – Nicolas Cazade

Régisseur/Scénographe :
Nicolas Roth

Costumière :
Hénola Garibal

Dessin :
Adrien Demont

Galerie